Des pistes pour attirer des salariés non issus du monde agricole
Le secteur agricole tente de recruter les personnes au chômage et en reconversion avec France travail notamment grâce à la formation courte.
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Le monde agricole doit trouver des salariés. Et vite. Comme les chefs d’exploitation, « près d’un salarié agricole permanent sur deux a plus de 56 ans », observe Dominique Boucherel, président de l’Anefa (1) au Salon de l’agriculture le 24 février 2026 à Paris. Le renouvellement des générations agricoles concerne aussi les salariés.
Face à l’urgence, France Travail a lancé, le même jour, sur le stand « Agri’métiers » du Salon, une « feuille de route » dès l’année 2026 afin d’« attirer et casser les représentations », « accélérer les recrutements », développer la formation courte, accompagner les agriculteurs et encourager les passerelles vers le secteur agricole.
Relier les acteurs de l’emploi et le secteur
Concrètement, les agriculteurs recruteurs sont encouragés à ouvrir leur ferme à la visite par de futurs salariés en s’inscrivant sur la plateforme « immersion-facile.beta.gouv.fr ». France Travail veut aussi améliorer les compétences de management du monde agricole, notamment sur l’accueil des saisonniers pour qu’il soit plus attractif.
Du côté des chercheurs d’emploi, France Travail envisage de rapprocher les acteurs de l’emploi et le monde agricole pour que la redirection des profils soit davantage orientée vers le secteur. Enfin, l’établissement compte développer l’accès à la formation agricole (atelier découverte, visite de fermes) avec les réseaux France Services Agriculture (généralement gérés par les chambres d’agriculture).
[Dossier] Ils ont réussi leur reconversion (16/02/2026)
Une plateforme « unique » d'offres d’emploi agricoles pour « centraliser toutes les offres » pourrait voir le jour. Il en existe cependant déjà de nombreuses : Jobagri, L’agriculture recrute, l’Apecita…
Au total, 25 organisations du monde agricole se sont associées à France Travail. « Le but était de réunir tous les acteurs clés du monde agricole », se réjouit Angélique Goodall, directrice régionale de France Travail Bretagne et en charge de l’emploi agricole à l’échelle nationale.
Développer la formation courte
Pour les personnes déjà à la recherche d’emploi, France Travail veut encourager le développement de la formation courte. En 2025, les certificats de qualification professionnelle (CQP) ont permis de former 419 personnes en un temps record. « On a des formations pour toutes les filières. L’intérêt, c’est qu’il y a 95 % d’emplois à 12 mois » après la formation, note Loïc Saudo chargé de mission de l'enseignement auprès de la FNSEA.
« Ce sont parfois des personnes qui venaient d’un travail de bureau, qui ont besoin de plein air », explique-t-il, prenant l’exemple d’une infirmière devenue salariée d’un élevage laitier. Si les personnes formées en CQP restent peu nombreuses, elles « répondent à un besoin non-pourvu », et sont « en progression constante ».
Les « Nima » déjà présents sur les bancs d’école
L’enquête « Besoin en main-d’œuvre en 2025 » conduite par France Travail avait estimé au total, à plus de 200 000 le nombre de prévisions d’embauche en 2025. Avec un manque criant de conducteurs d’engins agricoles ou forestiers et d’éleveurs.
La mission de séduction semble partie sur de bonnes voies. Alors que les bachelors « agro » commencent à la rentrée pour attirer de nouveaux publics, les élèves non issus du monde agricole (Nima) se pressent déjà aux portes des lycées.
« Aujourd’hui, les filles et fils d’agriculteurs représentent seulement 9 % de la formation agricole. La transition va se poursuivre », espère, positif, Benoît Bonaimé, directeur général de l’enseignement et de la recherche auprès du ministère de l’Agriculture.
Les effectifs de l’enseignement agricole ont augmenté de 1,4 % à la rentrée de 2025-2026 par rapport à l’année précédente. La progression n’est pas nouvelle. Le ministère estime avoir augmenté de 8 % les effectifs depuis cinq ans. Signe, que le secteur, malgré ses difficultés, attire.
(1) Association paritaire nationale pour l’emploi et la formation en agriculture.
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